AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Judaisme en milieu Targui

 
                   TRACES DE JUDAÏSME EN MILIEU TARGUI .


Parmi les Touaregs de l’Aïr, du Hoggar et de l’Adrar des Ifogha, vivent de nombreux groupes et fractions (Daga, Idawsahak, Igdalen, Inhaden…), qui conservent le souvenir de leur origine rattachée au Judaïsme.

Les " Kel daoussahag"
[le clan des descendants d’Isaac] Variantes : Ida Ous-hak, Daou-Sahak, Daw-Sahak, daou Ishaq…

Le capitaine Bretaudeau, fut le premier à faire état de l’existence d’une tribu targui des Aouellimindens, les Ida Housshaq, à l’intérieur d’un cercle qui engloberait Kidal, Menaka, Ansongo, Tahoua..., ayant un langage particulier; il ne croyait pas impossible que cette tribu, fût d’origine juive1 marocaine : une migration par étapes, aurait conduit dans ce pays, par la Mauritanie, ces éleveurs qui se donnent un ancêtre nommé Is’haq [Isaac].2
Ces nomades rattachés au monde targui et dont le mode de vie est celui des Touaregs, se considèrent comme des Touaregs.

Il faut ajouter que ces Ida Ous’hak, blancs non berbéro-phones3, aux cheveux lisses4, ne se rattachent vraiment, ni à la langue, ni à l’ethnie targui ; soumis à des analyses sanguines, ils se distinguent de leurs voisins:
« En 1977, nous avons, pour la première fois, étendu aux Dawsahak (…) les études hématologiques [et], constaté, en étudiant deux marqueurs très bien définis, l’hémoglobine et la G6PD, que les Dawsahak se différenciaient très nettement des autres groupes avec lesquels ils vivent en complète symbiose. Compte tenu des biais d’échan-tillonnages, nous nous abstien-drons de tirer des conclusions trop hâtives, mais il est évident d’ores et déjà, qu’il s’agit de populations « étrangères »5

Au sein de ce groupe targui, certains disent être venus d’Israël ; d’autres, issus de réfugiés du Maroc, descendraient du « Prophète Is’haq » ; ils sont blancs, même si parmi eux se trouvent quelques noirs, aujour-d’hui assimilés : leurs anciens esclaves Iberogan6.

Restés très attachés au livre et convertis à l'Islam (on compte parmi eux beaucoup d’érudits, de marabouts), les Kel Daw-Sahak, n’en conservent pas moins le souvenir de leurs origines juives et certaines croyances anciennes, probablement judaïques, comme ces " rites du Samedi ", en relation avec le chabbat (au Niger, le jour de repos a toujours été le samedi (du vendredi soir au dimanche soir)….

Il est probable que la faible religiosité du monde targui, l’influence islamique limitée, et l’isolement géographique, ont constitué des facteurs à la fois favorables (permettant de conserver le souvenir de leur origine juive et marocaine), et défavorables (coupés de toute relation avec les communautés, ils ont perdu leur judaïsme).

Partagés entre Daw-Sahak & Igdalen, ils vivent groupés en villages de huttes, de part et d’autre de la frontière Mali-Niger, dans une zone comprise entre l’Adrar des Ifogha et l’Aïr, et se nomadisent généralement dans le triangle Kidal - Ansongo – Menaka :

au Mali :
en majorité dans un triangle situé entre Kidal, Menaka et Ansongo et notamment :
-dans la région d'Inburaghen (Ansango) à 90 km au nord-ouest de la ville de Gao, sur la rive nord du fleuve Niger
-près de Talataye, vers la vallée de l'Azawakh à la frontière du Niger.

au Niger :
-les Ida-Ous’hak, appelés Issaoughane, sont installés dans l'Azawagh (Abalak - Tchnita-baraden...
-dans les régions de Tahoua et Filingué, les Daw Sahak sont appelés Igdalen.

-Les Igdalen, très probablement apparentés
-au groupe précédent, sont installés plus à l’est, du côté de Filingué, Tahoua, In-Gall et l’Azawagh…7 S’ils ne se distinguent pas par leur façon de s’habiller, c’est parmi eux que l’on rencontre des hommes aux longs cheveux tressés. Eleveurs de chameaux, chèvres et moutons, ils se sont spécialisés dans la confection de nattes de palmes, renforcées de fines lanières de cuir, croisées parfois, de manière à former des frises d’étoiles à six branches, comme sur la photo de « femme targui » illustrant l’article d’E. Bernus.8 Comme tous les Touaregs, ils ont leurs propres forgerons et potiers (ikanwen), dont certains, peut-être, d’origine targui et juive9…

en Algérie :
-depuis les sécheresses de 1984, qui ont affecté leur région, nous assistons à une nouvelle migration des Ida-Ous’hak vers Tamanrasset, où une partie de leur tribu s'est installée dans des tentes de fortune, au quartier d'Aderiane, non loin du tombeau de Moussa ag Amastane, aménokal de l'Ahaggar, entre 1904 et 1922.

La grande différence avec les autres Touaregs, réside au niveau de la langue : ils ont leur propre langue, tadawsahak10, mêlée d’éléments songhay, haoussa, rarement tamachek…

-au Niger, les Kel Daw-Sahak parlent tamachèk, même si, dans la région d'In-Gall, leur langue est teintée de zarma (un dérivé du songhay).
-au Mali, ils parlent un Songhaï, mêlé de tamachek.

Les INHADEN

Le nom « Ounhaden », mot tamachek, désigne le « forgeron »
Ils seraient d’origine israélite, issus des Juifs du Touat et… « expulsés en 1492 par El Merihli», selon H. Lhote, qui ajoute :
« Les Inhaden (sing : inhad/enad) forment la caste artisanale des Touaregs »
Habiles dans le travail des métaux, ils sont forgerons, fabricants d’armes, bijoutiers ; ils façonnent le bois et produisent les coffres, les piquets de tente, les selles de chameau, les bijoux et les amulettes… ; leurs femmes travaillent le cuir, font des nattes…
Sans compter certaines particularités qui avaient déjà frappé H. Barth11 :
« Les Maalmines sont des artisans qui constituent une tribu dont les membres ne se marient qu’entre eux. Bien que très noirs de peau, ils ne sont pas négroïdes. Certains les tiennent pour des Juifs razziés par les Touaregs et qui, à la longue, se seraient targuisés.»12
« les Inhaden constituent une caste fermée, méprisée par les Touaregs, dont on connaît la répugnance pour tout travail manuel (...) Les Touaregs, qui les méprisent ostensiblement pour leur origine obscure et leur profession servile, reconnaissent leurs qualités et sont heureux d’en profiter. Ils les craignent également, car ils leur attribuent des pouvoirs surnaturels de sorcellerie et de magie (...). »13

Les DAGA

Je n’ai pas besoin de revenir sur le récit déjà mentionné14 de Mardochée aby Serour, [ha iehudim a ele (à propos de ces Juifs)], traduit par Isidore Loeb et publié au Bulletin de l’A.I.U. en janvier 1880, sous le titre les Daggatoun15 et la découverte, en 1995, du manuscrit en hébreu du rabbin, dans les archives de l’Alliance16

une influence juive en milieu targui ?

Le monde targui, se rattache au groupe ethnique des peuples berbères, qui, lui-même, appartient à la famille sémitique.
Cela implique-t-il nécessairement que des liens – pas forcément d’inspiration religieuse - aient pu exister avec l’élément hébraïque ?
Inconcevable aux yeux de certains, l’éventualité demeure, renforcée de temps à autre par de troublantes coïncidences.
M. Gast, a fait le rapprochement entre des coutumes propres aux Touaregs et certaines pratiques juives :
«J’ai signalé … les traces d’éventuels héritages hébraïques chez les Touareg (don des sandales lors du mariage au cousin croisé [rappel du lévirat ?], origine occultée des Ioullimiden qui portaient des tresses de cheveux très apparentes, par exemple…»17

Les Touaregs à tresses

Dans un article de P. Benoît sur les Touareg*18, très obligeam-ment signalé par Marceau Gast, des hommes bleus (de la région de Tahoua au Niger), appartenant à la grande confédération ioullimiden, portent de longues nattes.
La découverte - d’autant plus étonnante que l’un des hommes à nattes se nommait … Rebbi ! -, rappelle la tradition des antiques Hébreux, reprise par les groupes rasta de la Jamaïque et, inévitablement, évoque les héros bibliques à la chevelure légendaire:Absalom, Samson…*19 et les traditions perpétuées par les Hassidim porteurs de “papillotes” de New York et Jérusalem, et certains Juifs du Sud-marocain (en majorité des judéo-berbères du Sous, du Dra’, du Tafilalet, du Touat…), arborant les nouader*20.
Edmond BERNUS, vers 1972, a rencontré des Igdalen à tresses et recueilli leurs confidences :
« Dans le campement d’Akenzigi vivait un chef très vénéré, Akhmed wen ekked (des tresses) que j’ai interrogé et qui m’a donné une liste de ses ancêtres… Il portait des cheveux tressés … Comme tous les Igdalen, il ne faisait jamais la guerre, ne portait pas d’armes et était un éleveur de chameaux remar-quable… »21
La tradition – ou le symbole – se sont-ils perdus ? Si certains Igdalen du Niger (Filingué, Tahoua, Agadès), portent encore des tresses, ce ne serait que « pour l’esthétique », la chevelure demeurant l’élément « de séduction » par excellence, d’après les déclarations d’un membre de la tribu, en 2003.

Le lévirat

C’est le nom donné, dans la tradition juive, au principe d’obligation morale pour un homme d’épouser la veuve d’un frère trop tôt disparu, afin de lui assurer une postérité, et perpétuer le nom.
En cas de refus d’épouser, intervient le rite du déchaus-sement, cérémonie au cours de laquelle, dans le but d’attirer sur lui l’opprobre, la veuve ôte publiquement*23 la sandale à son beau-frère, qui s’est dérobé à ses responsabilités.
De fait, le lien entre les coutumes juives et celles des touaregs, n’apparaît pas avec une grande netteté :
-d’un côté, le don des sandales a pour but de sceller une promesse
-que dans le cas du lévirat, la jeune femme déchausse celui qui manque à son devoir, pour dénoncer son refus de l’épouser, conformément aux usages :

Présence juive et toponymie

La micro-toponymie permet de déceler des influences intéressantes même si, après des siècles d’arabisation, il paraît illusoire de chercher des noms hébreux sur les cartes (où subsiste le seul nom d’un district du Touat, Fenoughil.
Par ailleurs, les références aux Juifs ne sont pas rares dans la cartographie :
-Col de la Juive (entre Figuig et Beni-Ounif)
-Theirat lihoud (Grand Erg Occidental - Algérie)
-Djebel l’Ihoud (Maroc)
-Erg lihoudi (Maroc)
Le Juif est aussi présent dans le lexique en usage au Maghreb,
-dans les mots sémitiques à racine arabe (ihoudi, ihoudiya, ihoud) ou hébraïque (iehoudi, iehoudim)
-dans les mots berbères, le morphème « houd/oud »24 dont sont issus « oudeï/ouday » et, probablement emprunté au grec [oudaiôn genos] et peut-être contaminé par la forme sémitique, « oudeyen » (juifs)*26 :
-tin-houd, la datte juive du Touat
-Hed-hod, la huppe « oiseau juif » (bénéfique d’après Edmond Doutté)…

Beaucoup d’autres éléments (et groupes d’origine juive), attestent une présence ancienne, et l’influence qu’elle a pu exercer sur l’ensemble du Sahara. Au point qu’il eût été possible de généraliser l’observation d’Odette du Puigaudeau :
« en Adrar [Mauritanie], Juifs et Portugais se partagent les légendes » 27
Théodore Monod, grâce à sa connaissance parfaite des Ecritures28 et du monde targui, a pu déceler, à des siècles de distance, de nombreuses simili-tudes et analogies entre l’organi-sation sociale des Hébreux des temps bibliques, et les Hommes bleus, leur mode de vie tribal et semi-nomade, leur culture et leurs croyances. Dans un chapitre intitulé « Bible et Sahara »29, cet observateur privilégié, invite à rechercher, approfondir et comprendre, la nature des liens, à travers cette question « pro-phétique» posée dès 1936, au sujet des Touaregs :
« Hébreux vivants ou Sahariens fossiles ? » pouvant exister entre certaines traditions hébraïques et quelques usages en vigueur chez les Touaregs

Jacob Oliel
sefarad :
                                      

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